Lycée Comte de Foix

—Journal des élèves nº11 – 17 Mars 2016 — —Conectado: L'info qu'il nous faut —

Slams

Affiche Printemps des poètes 2015L’attentat contre Charlie hebdo a marqué les cœurs et les esprits. Il fallait expulser les émotions suscitées par l’horreur de la situation en ce début d’année 2015. Ecrire un texte, l’enrober d’une touche poétique et le dire en musique… voilà comment le slam allait permettre de coucher par écrit son ressenti. 

  Cette activité  menée avec tous les élèves de 3èmes  et la classe de 5ème SEGPA dans le cours de musique de Mme COULON relevait de cette volonté d’affirmation.

   Bien sûr le thème d’écrire est resté libre, de sorte que les textes que vous lirez sont intimes, touchants mais pas forcément tragiques ; la paix, l’espoir et la vie de façon générale y étant entre autres.

Charlie et la liberté

 
Liberté, Liberté

On ne l’a pas méritée

Liberté est belle, Liberté est jolie

A croire qu’elle nous laisse être des malpolis

Au-delà des droits et obligations

Elle a été attaquée par des cons

Et là, c’est le mien, c’est le tien,

C’est notre cœur qui périt.

 

A croire que ce jour,

Quand les enfants étaient en cours,

Attentat contre l’humanité, attentat contre l’histoire

C’est difficile de savoir et même d’y croire

Si seulement ce drame abject pouvait nous faire changer

Contre toi je lève mon stylo,

Car moi aussi je suis Charlie Hebdo

 

Expression kiffe liberté et liberté kiffe expression

Et voilà comment je vous présente ma chanson

On en parle trop, on n’en parle pas assez,

Mais tous ces actes nous ont marqués

 

Jeudi 8 janvier je prends un crayon

Et j’écris en pensant à ces sales cons,

Je suis triste, je suis en deuil

Je me rappelle de ces images que j’ai vues du coin de l’œil

Faire de l’humour dans un journal mérite-t-il la peine capitale ?

Nos artisans de la liberté on rencontré leur destinée

Ce soir j’écris pour eux car je ne sais pas dessiner,

Continue à louer ton Dieu

Alors qu’il ne veut pas de toi aux cieux

Un coup de « kalash » pour un coup de crayon

Je salis ta religion…

C’est le fait de respecter nos différences

Qui fait la beauté de la France

Mais toi ce matin tu as tout gâché

Et moi je te le dis :

« Moi aussi je suis Charlie »

Et pour cela je lève mon crayon…

 

Expression kiffe liberté et liberté kiffe expression

Et voilà comment je vous présente ma chanson

On en parle trop, on n’en parle pas assez,

Mais tous ces actes nous ont marqués

Adrià Calvo, Martin Lautrec, Yann Porqueres (3ème F)

Harcèlement

 

Etre différent, est-ce ça qui est mal ?

Pourriez-vous arrêter de m’appeler anormal ?

Je me sens mis de côté

A cause de ma personnalité et mes cheveux coupés,

Chaque jour je suis menacé, ils veulent me frapper

Moi que ne leur ai absolument rien fait

Pourquoi devrais-je payer ? J’en ai pas la moindre idée

Je vous demande simplement d’arrêter, c’est pas si compliqué

C’est cruel de se moquer uniquement pour s’amuser

Vous passez toutes vos journées à m’insulter
 
Arrêtez votre torture, je n’entends que des injures

Et je vous jure, cela créé de profondes blessures

Je passe mes nuits à pleurer

Car je sais que je ne serai jamais accepté
 
J’arrive chez moi comme si de rien n’était,

Personne ne sait ce qui est en train de m’arriver

Je suis seul, mes parents ne sont toujours pas rentrés

Je n’ai qu’une envie, c’est de me déconnecter, de tout lâcher

Pleurer et pleurer, ne plus m’arrêter,

C’est dur de tout le temps être intimidé

Je ressens l’envie de tout expliquer,

Mais quelque chose me pousse à le cacher,

Quand on me demande si je me suis bien amusé,

Je réponds toujours que oui avec un sourire forcé
 
Arrêtez votre torture, je n’entends que des injures

Et je vous jure, cela créé de profondes blessures

Je passe mes nuits à pleurer

Car je sais que je ne serai jamais accepté

 
Dès que mes parents arrivent à la maison, je me sens soulagé,

Je sais que dès ce moment-là je vais être aimé

Ils m’ont longtemps coincé devant le lycée

Et une phrase m’est restée gravée à tout jamais

Elle disait : « File-nous tes billets ou on va te tuer »

Jamais quelqu’un pour m’aider, j’étais terrorisé

Ca devait se terminer

Je n’en pouvais plus, j’étais surpassé

Aucune raison de continuer

Et c’est- là qu’apparut le noir complet pour l’éternité

Irène Ferri, Marta Font, Valentine Grange (3ème C)

Je suis né

 

Je suis né d’une fusion brutale,

De la rencontre d’un ouragan

Et d’un siphon rouge

Qui ont fusionné

Et donné un petit garçon
 
Deux couleurs différentes, le rouge et le vert

Je n’arrivais plus à penser

Je ne pouvais pas me décider

Entre la guerre et la paix
 
Je suis sorti d’un volcan en éruption

Il m’a envoyé dans les airs

Puis me sont sorties des ailes enflammées

Mais je suis retombé dans un siphon rouge
 
Une larme de feu et de lumière

Les anges et les démons se sont bagarrés pour moi

Mais je n’en ai choisi aucun des deux

J’ai préféré en rester là
 
Finies les tempêtes

Fini le soleil

Finis les vaisseaux spatiaux

Finis les champs de fleurs
 
Je suis né d’une fusion brutale

De la rencontre d’un ouragan

Et d’un siphon rouge

Qui ont fusionné

Et donné un petit garçon

Philippe Hasler et Miguel Gomes (3ème D)

La guerre

 

Le jour commence dans la tranchée

Ils nous disent que dans la boue il faut se jeter

Entre les cadavres et les corps démembrés

On doit avancer, tuer de l’autre côté
 
Demi-journée est passée,

J’ai eu de la chance, ils ne m’ont pas tué

Des compagnons derrière moi j’ai laissés

Pendant que des rêves s’envolaient.
 
Le soir est arrivé, ils nous disent de rentrer

Des mauvaises têtes, des âmes inquiètes,

Ils nous obligent à tuer contre notre volonté

Des âmes innocentes se sont envolées, il reste un prix à payer
 
On ne va pas rester les bras croisés

Pendant qu’ils nous obligent à nous armer

Parce que l’histoire on va la changer et des rêves retrouver

Tous ensemble on va chanter, on va se mutiner

L’union fait la force, la force fait l’union,

Tous ensemble, nous gagnerons

Maria Soler, Miriam Sanchez (3ème H)

La réalité

 
On est tous des inconnus

Lorsqu’on marche dans la rue

Ni du vide, ni du silence

On arrive dans l’adolescence
 
Notre vie va commencer

Maintenant il faut se lever

Désormais fini les jeux

Là, c’est du sérieux
 
Marcher tout le temps en avant

Il faut lutter contre le vent

Remplis d’incertitudes

On se retrouve dans la solitude
 
Il n’y a plus de confiance

Entre nous, que de la mauvaise ambiance

L’hypocrisie entre amis

Tout cela, c’est notre vie
 
Notre vie va commencer

Maintenant il faut se lever

Désormais fini les jeux

Là, c’est du sérieux
 
Pour sentir de l’attirance

Il te faut une bonne apparence

C’est la société de nos jours

En manque de véritable amour
 
Mais si on lève la tête

Au revoir la tempête

Il faut sourire à la vie

Puisqu’un jour elle sera finie
 
Notre vie va commencer

Maintenant il faut se lever

Désormais fini les jeux

Là, c’est du sérieux

Lorena Aguiar, Maribel Da Silva, Caroline Herbin (3ème I)

Liberté d’expression

 

Tu es seul devant ton bureau

Avec pour seul ami ton stylo

Tous les jours on t’empêche de t’exprimer

Aujourd’hui c’est fini, tout ça va changer
 
Si on nous a appris à écrire

C’est pour qu’on un jour on puisse s’en servir

Alors, qu’il soit rouge, bleu, vert ou noir

Dans tous les cas, ton stylo est synonyme d’espoir
 
C’est indéniable, tu as besoin d’écrire

Pour toi c’est comme mourir

Ecrire c’est laisser une trace de ton passage

Et ce, quel que soit ton âge
 
C’est ton seul moyen, tu n’as pas le choix

Mais tu as le droit…

Lors de tes premiers mots, tes parents s’émerveillaient

Maintenant c’est plus le cas…
 
Aujourd’hui tu ne veux plus parler

Mais tu peux encore rédiger

Tes envies et tes pensées

C’est indéniable tu as besoin d’écrire
 
Ne pas le faire signifierait mourir

Alors malgré les fautes d’orthographe

Tu alignes les paragraphes

Ensuite tu te relis et…
 
Tu souris

Les paroles s’envolent, les écrits restent

Si tu es sceptique alors teste !

C’est indéniable tu as besoin d’écrire

Juste pour que les autres puissent se souvenir…

Tomas Forné, Marc De Jesus (3ème H)

Tranche de vie

 

Quand je suis né

J’étais un beau bébé

Maman m’a donné le biberon

Que c’était bon !
 
Une période bien agréable

Même sans être capable

De me rendre compte

Qu’il ne s’agissait pas d’un conte
 
Dans la vie tu plantes et tu ramasses

Faut pas traîner, le temps passe !
 
Puis je suis devenu grand

Tout le monde me disait géant

En avançant dans la vie

J’ai rencontré de bons amis
 
L’adolescence est-elle une chance ?

Serait-ce une nouvelle naissance ?

Je revois cette fille danser

Ca me donne envie de chanter
 
Dans la vie tu plantes et tu ramasses

Faut pas traîner, le temps passe !
 
Puis est arrivé mon premier amour

Elle était belle comme le jour

Je lui ai offert des fleurs

Mais elle m’a brisé le cœur
 
Alors j’ai fui ce mirage

Je suis parti en voyage

Il fallait que je l’oublie

La vie est si belle en Italie
 
Dans la vie tu plantes et tu ramasses

Faut pas traîner, le temps passe !
 
Quand j’aurai trente ans

Je me souviendrai de cet adolescent

Qui faisait souvent ce rêve

Celui de trouver son Eve
 
Dans la vie tu plantes et tu ramasses

Faut pas traîner, le temps passe !

Classe de 5ème SEGPA

Un texte en chantier

 
Ne lisez pas ce texte car il est en chantier,

J’ai posé mes balises et bouclé le quartier

Je suis à la recherche d’une idée envolée,

Si je veux vous l’écrire je dois la retrouver.
 
J’ai besoin de creuser le fond de mes pensées,

Pour trouver la fuite, le puits de l’énoncé.

Tant pis si les voisins ont un peu mal au cœur,

Moi j’attaque le bitume au vieux marteau piqueur !
 
Oubliez donc ce texte car il est en chantier,

Attention au feu rouge il faut vous arrêter,

J’ai ouvert toutes les vannes pour la voir revenir

Cette belle idée perdue qui m’empêche de dormir
 

Mais voilà que remontent les mots miraculeux,

Du fond de ma mémoire où ils vivaient heureux.

Ils fleurissent dans ma tête, me remplissent de bonheur

Vous les lirez bientôt dans un texte enchanteur
 
Ca y est, allez-y, ouvrez les yeux !

J’ai posé devant vous une écriture unique

Cette idée envolée, dépourvue de sens…

J’ai voulu vous l’écrire, encre noire sur papier

J’ai eu besoin de patience et de beaucoup de volonté

Pour exprimer le fond de mes pensées et pour trouver le mot,

Le fin mot de l’histoire
 
Tant pis si vous avez la larme à l’œil

Moi je grimpe, j’escalade la rampe à grands pas

Alors s’il vous plaît ouvrez les yeux !

Attention aux trous, aux crevasses parsemant le chemin

Je n’ai pas fermé les barrages sur mon passage

Vous êtes libres de trouver votre propre fin.
 

Mais voilà que remontent les mots miraculeux,

Du fond de ma mémoire où ils vivaient heureux.

Ils fleurissent dans ma tête, me remplissent de bonheur

Vous les lirez bientôt dans un texte enchanteur

Louise Leconte (3ème D)

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Cette entrée a été publiée le 16 juin, 2015 par dans Culture.